Poisson-chat
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Le poisson-chat : Comment le pêcher (et comment l’éviter)

Le poisson-chat est assez abondant dans nos lacs, principalement en été. S’il n’est pas toujours agréable de voir son coup gâché par sa présence, il peut être parfois amusant de le pêcher lors d’une partie de pêche entre amis tout en se rendant utile. Poisson nuisible, il est interdit de le remettre à l’eau. Raison de plus pour le pêcher et s’en débarrasser.

Les pêcheurs français connaissent bien le poisson-chat. S’il est souvent redouté des amateurs pour son côté envahissant, les pêcheurs de compétition l’apprécient pour la quantité qu’il permet de capturer lors des jours où les « poissons nobles » se font rares.

Il existe en réalité près de 45 espèces de poissons-chats à travers le monde, dont trois sont présentes en Europe de l’Ouest. L’espèce la plus répandue en France serait apparue dans les années 1950, vraisemblablement échappée des aquariums du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Après avoir gagné la Seine via les égouts, elle s’est peu à peu installée dans la majorité des eaux douces françaises. Considéré comme nuisible, le poisson-chat peut parfois déséquilibrer les écosystèmes.

Le poisson-chat affectionne les eaux tièdes des étangs et des gravières. On le retrouve également dans de nombreux canaux et rivières. Très résistant, il supporte bien le manque d’oxygène dissous et hiverne enfoui dans la vase quand les températures baissent.

Le poisson-chat vit essentiellement sur le fond, en groupes compacts. S’il est plus actif la nuit, il répond néanmoins très vite aux appâts proposés en journée dès que ceux-ci sont bien placés.

La pêche se pratique le plus souvent à la ligne flottante (canne ou anglaise), parfois à la plombée. Même s’il monte parfois dans la colonne d’eau, le poisson-chat préfère généralement une esche reposant sur le fond.

Les esches qu'il préfère :

-    Ver de terre
-    Asticots colorés
-    Maïs doux
-    Queue de crevette (crue ou cuite)
-    Gambas crues

Mélanges d'esches possibles :

-    Vers de vase + asticots
-    Terreaux + asticots
-    Asticots + maïs
-    Terreaux + maïs
-    Terreaux + crevette

Les flotteurs
Pour cette pêche, privilégiez des flotteurs élancés dotés d’une antenne porteuse, idéals pour les appâts volumineux. Un bon équilibrage est essentiel pour repérer la moindre touche, qu’elle se produise à la descente, sur le fond ou latéralement.

-    Antenne plastique pleine : très visible, teintée dans la masse (0,6 à 4,5 mm de diamètre), elle peut être recolorée facilement au marqueur ou à l’acétone.
-    Quille en fer inox : traitée contre la corrosion, elle apporte stabilité et sensibilité. Utilisez trois gaines pour éviter les torsions. Diamètres recommandés : 0,3 mm à 1,2 mm.

Les hameçons
Optez pour des hameçons à tige longue. En cas de nombreuses prises, les modèles sans ardillon permettent un décrochage plus rapide des poissons.

Techniques selon la canne utilisée
-    Canne à emmanchements (à déboîter)
Une canne de 8 à 10 mètres suffit généralement si la profondeur ne dépasse pas 3 mètres. Pour stimuler les touches, effectuez de petites tirées régulières. Si les touches semblent hésitantes, déplacez légèrement la ligne de 10 à 15 cm de façon subtile.

En cas de décrochés fréquents, attendez un peu avant de ferrer : le poisson-chat détecte la nourriture avec ses barbillons (les fameuses « moustaches »). Un petit plomb sous le flotteur permet d’ajuster l’équilibrage selon les conditions (vent, courant, vagues).

-    Canne télescopique
Pour pêcher à une dizaine de mètres avec 3 à 4 mètres de fond, une canne télescopique de 6 à 8 mètres est parfaite. Cette méthode permet une cadence rapide et efficace, sans devoir déboîter à chaque touche. L’utilisation de vers de vase est superflue.

Préparer une amorce efficace
L’amorce joue un rôle clé ; elle doit être collante mais suffisamment dispersante une fois sur le fond.

Pour un étang peu profond :
-    1 kg de tourteau de maïs
-    2 kg d’amorce « étang »
-    1 kg de carpe fine
Faites bouillir le tourteau de maïs la veille, il servira à mouiller le mélange.

Juste avant la pêche, ajoutez :

-    Deux poignées de chapelure jaune fluo sèche pour l’aspect visuel.
-    De la purée de crevettes (préparée à l’avance en mixant les corps de crevettes décortiqués, dilués avec un peu d’eau ou d’huile de sardine).
Cette préparation sera incorporée juste avant l’amorçage avec une dizaine de boules de la taille d’une orange.
Gardez quelques queues de crevettes pour escher à l’hameçon.
Cette amorce d’attaque attire durablement les poissons sans nécessiter de rappels fréquents.

Et comment éviter les « chats » ?
Les poissons-chat semblent détester les farines fines et la badiane. Les amorces à bases de farines fines qui se dispersent dans la colonne d’eau ne peuvent être détectées, puisque le poisson-chat se sert essentiellement de ses moustaches pour détecter sa proie. Pour éviter que les « chats » ne viennent gâcher votre partie de pêche, amorcez avec du maïs agricole (surtout pas de maïs doux) que vous aurez fait cuire la veille à feu doux en y incorporant de la badiane.

Comment s’en débarrasser ?
Et non, on ne met pas les poissons pêchés dans la poubelle publique ! Les rongeurs qui vivent en bord de lac se chargeront de dévorer les poissons dans la plupart des cas. Au mieux, rapportez les « chats » chez vous et faites-en un compost. Les mouches se chargeront d’y pondre et de vous fournir des asticots gratuitement ! A ne mettre en œuvre que si vous disposez d’un jardin dont le fond est éloigné de votre habitation ; odeurs nauséabondes garanties !